Archives mensuelles : mai 2011

NOVECENTO, la cheminée du Virginian fume à l’horizon…

Il arrive ! Il arrive le fameux paquebot dont la capitainerie locale a déjà signalé l’amarrage prochain au port de Saint-Huruge 71460 ! Il arrive pile pour « A vous de lire » ! Vous connaissez ? Cette campagne de sensibilisation au Livre et à la Lecture concoctée par le Ministère de la Culture !

Il arrive le « Virginian » ! La fumée de sa cheminée trahit sa présence dans nos eaux territoriales… Il sera à quai samedi 28 mai, et jettera l’ancre à 20 h 00, au môle de l’église, où une jetée sera lancée pour l’embarquement des voyageurs à destination de la fabuleuse aventure de NOVECENTO !

Que vous ayez ou non réservé votre cabine, vous serez chaleureusement accueilli à bord pour voir et entendre la belle histoire de ce PIANISTE hors normes, écrite par Alessandro Baricco, et racontée par le comédien directeur de la Compagnie « Grime et Concocte » invitée à Saint-Huruge par l’association Tambour des Escargots !

Tout l’équipage vous attend, avec à sa tête le Commandant-Maire de Saint-Huruge, qui a réuni autour de lui, pour cette occasion unique, seconds, quartiers-maîtres, pilotes, matelots, ceux de babord et ceux de tribord, huniers, maîtres-coq, et même quelques mousses…

La Commissaire de bord, Pauline Bonnard, tient à rendre hommage à tous ceux qui, dans son sillage, souquent ferme pour hâler au cabestan tous les bateaux qui feront un jour relâche à Saint-Hu !  Et il y en aura !

Mais que voulez-vous ? « Ils y aiment », comme on dit par ici !

Alors à bientôt ? Il y a un bar à bord…

Geo

Elle écoute derrière les portes

Incroyable ! Insupportable ! Une étrangère à l’établissement écoutait derrière les portes des classes du collège !

Mais ce n’est pas tout ! Voici la suite. Et elle n’est pas piquée des hannetons !

Sans frapper et sans saluer personne, la voilà qui entre brusquement dans la salle, et enchaîne immédiatement sur la dernière phrase du professeur, quelle que soit la matière enseignée, et raconte une histoire en rapport avec le cours ! Inouï non ?

Bien sûr, l’effet de surprise est garanti, et l’intruse peut alors être assurée d’une écoute attentive pendant toute la durée de son interruption intempestive, qui peut aller jusqu’à 15′ environ ! Vous vous rendez compte ?

A la fin de son forfait, elle s’éclipse alors comme elle est entrée, c’est à dire sans un mot, et telle une ombre évanescente, elle passe à la classe suivante pour recommencer son manège ! Gonflée la nana ! Et ainsi de suite durant toute la matinée !

Le saisissement est si fort que les élèves peuvent rester muets pendant plusieurs minutes,… jusqu’à ce que l’enseignant reprenne son cours, après avoir expliqué que la classe venait de vivre, en fait, un épisode du festival des Contes Givrés….

Conceptrice de l’événement, la conteuse professionnelle Marie-France Marbach, – par ailleurs directrice du festival des Contes Givrés en Bourgogne -, intervient en effet, à leur demande, dans plusieurs établissements de la région dans le cadre de l’opération « Givrés au Collège ».

Elle est actuellement dans le Département de la Nièvre, où elle fait escale dans les collèges de Clamecy, Saint-Amand, Château-Chinon et Montsauche-les-Settons.

Quelques témoignages et extraits de presse :

La classe de 6° E a été surprise quand vous êtes apparue sans vous présenter. Nous avons vraiment apprécié. C’était une super surprise. Nous avons eu un grand plaisir de vous recevoir dans notre classe, et d’entendre l’histoire que vous avez racontée de l’homme qui allait voir Dieu pour lui demander sa chance…

Une animation tout à fait étonnante : entrer dans les salles de classes à l’improviste, sans que les élèves sachent à qui ils ont à faire, et improviser, en fonction des cours, des histoires à la fois poétiques, drôles et mystérieuses. L’artiste a ainsi investi plusieurs classes provoquant surprise, étonnement, peur et frayeur même dans un premier temps. Puis rapidement sourires et rires apparaissent sur le visage des enfants qui sont vite fascinés par cette énergie qui se dégage du personnage.

Les élèves ont pu discuter avec l’artiste, et tous ont évoqué leur peur, leur stupéfaction quand elle est entrée. Mais qui pouvait bien être cette étrange personne qui se permettait d’ouvrir brusquement la porte de la classe en parlant fort et en interrompant le cours ? Et pourquoi le professeur ne réagissait-il pas ? Mais ils ont aussi fait part de leur grand intérêt pour les histoires racontées. Le profond silence qui régnait dans les classes lors de la prestation de la conteuse, et qui parfois même se prolongeait après son départ, montre la qualité de leur écoute et le talent de la comédienne.

Là, nous étions tranquillement en train de travailler. Quand soudain on a vu une folle entrer dans la classe. C’était vous ! Vous nous avez raconté une histoire de bègue. Au début, je rigolais. Mais au fur et à mesure que j’entrais dans l’histoire, j’étais parcourue de frissons ! Surtout lorsque vous faisiez de longs, de très longs silences. Mon voisin vous prenait pour « Cruella ». Même si je me marrais, j’ai adoré votre histoire. (« Le bègue », nouvelle de Nicole Jouvency)

Votre entrée m’a surprise, car je me suis demandé qui vous étiez : une grande dame, habillée un peu « fofolle », comme une sorcière. Votre façon de parler, de regarder même, m’a donné des frissons. Votre regard furieux et ce langage bégayé, différent de tous les jours, ça doit être dur et donner beaucoup de travail ! Moi, j’aimerais bien que vous reveniez, car ça nous change de l’ordinaire, et ça nous apprend beaucoup de choses .(élève de 4ème A au collège de Bourbon-Lancy)

La méthode de prise de contact avec les élèves est particulière : la conteuse écoute derrière la porte pour s’imprégner des dernières phrases du professeur, et fait ensuite irruption dans la salle avec une histoire qui se raccroche au cours. Ainsi un conte des frères Grimm en cours d’allemand, ou l’histoire d’un petit garçon du Niger en cours d’Histoire-Géo.

Comme chacun peut le voir, même si ce n’est pas très très correct, on peut non seulement apprendre une foule de choses en écoutant derrière les portes, mais on peut aussi les partager…, comme on partage des contes !

Geo

Novecento

Le Tambour des Escargots et l’Espace Antipodes accueillent en mai le spectacle NOVECENTO, d’après le texte d’Alessandro Baricco, présenté par la « Cie Crime et Concocte », le samedi 28 mai 2011 à 20h, sur la place de l’Eglise à Saint-Huruge (71460). Information et réservation : 06 45 92 17 84, ou 03 85 24 61 91.

Il s’agit-là d’un des spectacles dit OFF, formule concoctée par les deux associations co-organisatrices en marge du festival CONTES GIVRES en BOURGOGNE : les « Gastéropodes du Tambour », et les « Antipodes du Festival »…

Sur le paquebot Virginian en partance pour l’Amérique, un trompettiste raconte l’incroyable destin de son meilleur ami, Novecento, né sur ce bateau où il est resté toute sa vie sans jamais mettre un pied à terre. Il jouait une musique étrange et sublime ! Les gens disaient :

« Sur ce paquebot, y’a un gars, au piano, s’il a envie il te joue un truc… à y laisser son âme ! C’est comme vingt jazz à la fois ! Le plus grand pianiste du monde ! »

Extrait : Ca arrivait toujours, à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la la tête… et qui la voyait. C’est difficile à expliquer. Je veux dire… on y était plus d’un millier, sur ce bateau, entre les rupins en voyage, et les émigrants, et d’autres gens bizarres, et nous… Et pourtant, il y en avait toujours un, un seul sur tous ceux-là, un seul qui, le premier… la voyait. Un qui était peut-être là en train de manger, ou de se promener, simplement, sur le pont… ou de remonter son pantalon… il levait la tête un instant, il jetait un coup d’oeil sur l’Océan… et il la voyait.

Alors il s’immobilisait, là, sur place, et son coeur battait à en exploser, et chaque fois, chaque maudite fois, je le jure, il se tournait vers nous, vers le bateau, vers tous les autres, et il criait : l’AMERIQUE !

Alessandro Baricco est né en 1958, à Turin. Il connaît une carrière littéraire fulgurante et obtient en 1995 pour Châteaux de la colère le prix Médicis Etranger. Ses romans Océan mer et Soie, traduits dans le monde entier, l’ont consacré.

Novecento : pianiste, monologue qui tient du petit chef-d’oeuvre, nous révèle un écrivain au sommet de son art.

Pour partager ce beau voyage avec nous, embarquez vite à bord du VIRGINIAN. Nous n’avons pas de cabine de première classe à vous offrir et vous serez sur le pont.

Mais avec un peu d’imagination vous verrez, tout autour de vous, un océan de verdure, et au-dessus de vos têtes, l’infini du ciel, et une voûte céleste toute remplie d’étoiles… !

Et si parfois vous croyez entendre, dans le lointain, une sorte de sirène de bateau ou une bouée hurlante, ne craignez rien, ce n’est que le meuglement d’une charolaise solitaire qui exprime son spleen devant le spectacle du monde… !